(no English version today, sorry, am a bit in a lazy mood, but I will sum up briefly my words to any English-speaking reader leaving a request in the comments)
Je lis des tonnes de pages de blog via mon lecteur RSS tous les jours. Des tonnes j'exagère à peine, la dernière fois que j'ai fait le compte j'avais quelque chose comme 2 000 flux dont bien la moitié je dirais concernent le tricot ou tout ce qui touche au fait-main. Bref.
Au hasard de mes pérégrinations sur la toile je suis tombée sur un
blog que je ne connaissais pas (Joie ! Il y en a encore ! :D) et qui propose un chouette projet de note pour le 1er décembre. C'est demain, je sais, mais celles qui passeront par ici d'ici là auront peut-être envie de participer.
Le thème, c'est : "que tricotiez-vous il y a dix ans ?"
Toutes les explications sont
ici mais je trouve que c'est une belle idée parce que cela permet de mesurer les progrès accomplis. Et cela fait toujours plaisir.
Pour celles qui ne tricotent pas (ou ne tricotaient pas à ce moment-là), il est également possible de montrer un lainage qu'on a porté, re-porté, aimé et adoré. Je ne pourrai sans doute pas poster demain, donc autant répondre aujourd'hui.
Il y a dix ans, je ne tricotais rien, j'étais à Paris et je ne pensais certainement pas reprendre les aiguilles un jour (j'ai appris à tricoter enfant, avec ma mère et ma grand-mère).
Il y a dix ans, donc, j'avais dans ma garde-robe bon nombre de pulls "lambswool" (laine d'agneau), du 80 % laine minimum (chose pratiquement impossible à trouver aujourd'hui à un prix raisonnable), achetés pourtant à l'époque dans une chaîne type Cama*eu ou autre. Il y avait surtout un pull gris-noir chiné à col rond, porté et reporté, élargié, déformé, un peu usé aux entournures, que ma mère a failli jeter un bon nombre de fois "parce qu'il ne ressemble plus à rien", et que j'étais toujours allée récupérer dans le "sac des habits à donner" parce que j'y tenais trop. Lorsqu'elle le retrouvait dans mon armoire, je lui répondais qu'elle ne comprenait rien à la valeur sentimentale des choses et elle secouait la tête d'un air incrédule. J'ai fini par m'en séparer lorsque je suis partie à Lyon, je crois, mais cela m'a coûté.
J'y pense parce qu'aujourd'hui, il est vraiment difficile de trouver des vêtements de qualité en laine majoritaire. J'y pense parce que, comme
Kate Davies, j'aimerais qu'il y ait un meilleur étiquetage des produits contenant de la laine, un étiquetage plus juste en tout cas.
J'y pense parce qu'il y a quinze jours je suis entrée dans une boutique d'une très grande marque de prêt-à-porter, plutôt étiquetée "haut de gamme", et que j'ai failli faire un scandale en voyant qu'une grosse écharpe en côtes 2/2 composée à 70 % d'acrylique et 30 % seulement de laine était vendue... 49,95 euros.
J'y pense parce qu'à l'heure où je vois bon nombre de tricoblogueuses rêver de
shelter et de
loft, les fils 100 % américains de Jared Flood, je me demande si nous ne ferions pas mieux de soutenir ce qui se fait en France, que ce soit Fonty, Plassard ou même la Droguerie (dont je ne suis pourtant pas fan du tout) ou, bien sûr, les fileuses qui vendent leurs écheveaux sur etsy ou ailleurs.
Tricoter un pull, des mitaines, un bonnet ou même une écharpe prend du temps. Choisir de travailler avec des fils de qualité, lorsque cela est possible, ou être tout simplement un peu plus vigilant(e) quant à la composition et/ou l'origine des fils que l'on tricote, c'est aussi faire en sorte que cet ouvrage sur lequel on a peut-être passé pas mal de temps, dure encore un peu plus longtemps. Et reste beau.
J'espère, dans dix ans, pouvoir reprendre ce que j'ai tricoté pour moi ou pour d'autres ces dernières années, et vérifier que ces pièces ont bien vieilli.
Et je souhaite à tous mes lecteurs qui tricotent, de pouvoir faire de même.